(Source : whoresruntheinternet)
Massive Attack.
Ce n’est pas un concert en fait. C’est une bonne grosse claque dans la figure. Et c’est vraiment jouissif. Vraiment.
(Flickr Rockenseine).
On pourrait partir ? Trouver de nouveaux paysages, manger dans des fastfood miteux, dormir dans une voiture cabossée, ne plus donner de nouvelles. On pourrait vivre comme dans un roadtrip américain, avaler des milliers de kilomètres sur des routes interminables, regarder le soleil couchant en buvant de la bière tiède. On pourrait mettre l’autoradio à fond, où des vieux tubes seraient diffusés, chanter en doublant des camions pleins de poussière. On pourrait se faire passer pour des Russes ou des Américains, avoir une autre identité, être à nouveau quelqu’un. Quelqu’un de bien.
On pourrait.
I give my Soul to a new Religion.
(Brice Portolano.)
Et la neige recouvrit nos peines et nos espoirs.
Il y a la musique et les écrivains. Des chemins, des mains, des tanières. Des bouts d’étoiles filantes recopiés sur des reçus de carte bleue, des pages arrachées, des souvenirs heureux et des souvenirs affreux. Des chansons, des refrains sur le bout de nos langues. Des messages archivés, des livres massues, des oursons à la guimauve et des disques rayés. Notre enfance, nos solitudes, nos premiers émois et nos projets d’avenir. Toutes ces heures de guet et toutes ces portes tenues. Les flip-flap de Buster Keaton. La lettre d’Armand Robin à la gestapo et le bélier des nuages de Michel Lairis. La scène où Clint Eastwood se retourne en disant Oh… and don’t kid yourself Francesca… et celle où Nicolas Carati soutient ses malades suppliciés au procès de leur bourreau. Les bals du 14 Juillet à Villiers. L’odeur des coings dans la cave. Nos grand-parents, le sabre de Monsieur Racine, sa cuirasse luisante, nos fantasmes de provinciaux et nos veilles d’examens (…). La tête de Simon quand il a entendu Björk pour la première fois de sa vie et Monteverdi sur le parking du Macumba.
Toutes ces bétises, tous ces remords et nos bulles de savon (…). Nos amours perdus, nos lettres déchirées et nos amis au téléphone. Ces nuits mémorables, cette manie de toujours tout déménager et celui ou celle que nous bousculerons demain en courant après un bus qui ne nous aura pas attendus.
Tout ça et plus encore.
Assez pour ne pas s’abîmer l’âme.
Assez pour ne pas essayer de discuter avec les abrutis.
Qu’ils crèvent.
Ils crèveront de toute façon.
Ils crèveront seuls pendant que nous serons au cinéma.
Voilà ce qu’on se dit pour se consoler (…).

L’échappée Belle, Gavalda.